D’une manière générale la fiscalité repose sur deux piliers

La résidence et la territorialité.

La plupart des juridictions imposent le revenu mondial de leurs résidents (les États Unis vont encore plus loin et substituent la nationalité à la résidence) ; ils imposent aussi l’ensemble des opérations qui se déroulent sur son territoire, y compris lorsque celles ci n’impliquent que des non-résidents.

C’est l’objectif d’une part des retenues à la source, qui visent à faire payer à des non-résidents, difficiles à atteindre et à contraindre par des voies classiques leur quote part bien avant que les fonds ne quittent le territoire, et d’autre part, dans l’objectif inverse, des conventions fiscales, qui visent à éviter la double imposition.

Traditionnellement, les paradis fiscaux se distinguent par l’existence d’une catégorie spécifique de sociétés, accessibles uniquement aux non-résidents, et qui ne dispose pas du droit de commercer sur le territoire où elle est immatriculée.

Il s’agit de législations spécifiques, qui instaurent un type particulier de sociétés, que l’on pourrait qualifier de non-résidentes, qui disposent d’un privilège particulier.

Les sociétés résidentes sont elles soumises à des règles différentes (il est à noter que cette règle n’est pas unanime : Monaco, par exemple, exonère les profits locaux mais taxe les profits étrangers).

HK se distingue car il n’y a pas de régime spécifique destiné aux sociétés contrôlées par des non-résidents

la législation y est unique, quels que soit le statut de ses propriétaires et dirigeants. Les critères y sont appliqués de façon cumulative, et non alternative.

Les autorités retiennent, pour déterminer la résidence, le lieu de conclusion ou d’exécution du contrat ; ainsi, les sociétés dirigées par des non-résidents, qui ne disposent d’aucune installation fixe à Hong Kong sont d’une manière générale considérées comme ne réalisant pas de profits à Hong Kong.

Peu importe ici, contrairement à Singapour, le fait que le contrat soit ou non payé sur un compte bancaire local.

L’existence d’un régime unique, qui prévoit bel et bien une taxation, permet à Hong Kong d’échapper à la classification de paradis fiscal, tout en en offrant une large partie des avantages.